7. oct., 2017

La meute de Mervent - tome 3

J'ai commencé ce tome qui mettra en scène une louve un peu particulière et j'ai hâte que vous la découvriez, même s'il faudra attendre encore un peu.

 

En attendant, un extrait:

 

Cassandre hésita une seconde sur la stratégie à appliquer. La dernière victime en date du groupe infernal était ligotée sur un vieux sommier en métal, indemne pour le moment. Elle voguait à mille pieds, baragouinant des inepties pendant que les cinq acolytes se préparaient.
Cassandre aurait presque trouvé leur inventivité rafraîchissante si elle n’avait visionné mentalement Philomène subissant les pires tortures. La meute avait récupéré un corps salement amoché, ce qui avait réveillé des tensions sous-jacentes.
Jaugeant les hommes pour leurs actes, la jeune femme estima qu’ils ne méritaient aucune pitié. Bien qu’elle préfèrât utiliser ses griffes et ses crocs, elle se saisit de deux poignards cachés dans ses bottes. Parce qu’elle finissait souvent couverte de sang, elle portait, comme à son habitude, un jeans et un top à manches longues noirs. C’était l’idéal pour combattre et surtout pour passer inaperçu en filant après ses méfaits, quelle que soit la quantité d’hémoglobine imbibant ses vêtements.
Cassandre bomba la poitrine, exhalant une force et une détermination glaciale, et descendit les marches sans chercher à être discrète. Elle désirait que les tortionnaires de Philomène affrontent dans les yeux la mort et assimilent bien qu’ils étaient à leur tour devenus des proies.
Au son de AC/DC, elle bascula au bas des marches grâce à une pirouette avant et atteignit le premier crétin à sa portée trop vite pour qu’il ait le temps de détaler. À lui aussi, elle trancha la gorge, étouffant le mugissement triomphant de sa louve lorsqu’une giclée de sang salit son haut.
Le deuxième bourreau s’écroula en emportant avec lui des caisses en bois, couvrant momentanément la voix de Brian Johnson.
— Merde ! hurla l’un des types. C’est qui cette salope ?
Trois hommes optèrent pour un assaut commun, leur instinct commandant leurs gestes, et ils s’équipèrent de tout ce qui se situait à leur portée et ressemblait à une arme. Entre le maillet, la pioche et le cutter, le tableau était affolant. Pourtant Cassandre ricana, acerbe. Elle saisit le poignet du blondinet à la gueule d’anges et lui broya les os sans même sourciller. En beuglant, l’homme lâcha le marteau qu’il brandissait une seconde plus tôt. Cassandre le rattrapa au vol et le balança dans le crâne de son adversaire, indifférente aux éclats d’os et de matière grise qui valsaient. Prenant appui sur le corps qui s’effondrait, elle asséna un violent coup de pied dans l’abdomen de celui qui approchait, une hache à la main. Le dealer s’écroula avec un cri de douleur, laissant à découvert son partenaire. Ce dernier hésita pendant une fraction de seconde avant de frapper, éberlué de voir ses amis à terre.
Ce laps de temps lui fut fatal. Sans ralentir la cadence, Cassandre planta sa lame dans sa gorge et poignarda celui qu’elle avait frappé au ventre alors qu’il tentait de se redresser. Il s’effondra, cette fois-ci sans bruit, les yeux démesurément ouverts sur un monde de ténèbres.
L’unique survivant de ce carnage se tenait prudemment sur la réserve depuis l’arrivée de Cassandre, paralysé de peur, et il écarquilla des yeux lorsque la tueuse le considéra, la bouche légèrement incurvée. Comprenant qu’il ne serait pas épargné, il tenta de fuir, mais la jeune femme lui agrippa les cheveux pour le ramener à elle.
— Perdu ! sanctionna-t-elle en lui entaillant profondément la trachée.
Le corps s’affala au sol dans un gargarisme étranglé. Cassandre considéra ensuite les lieux avec détachement. Les enceintes continuaient de brailler tandis que le carrelage disparaissait sous une nappe écarlate. La sentinelle esquissa un pas de côté pour s’éloigner de la mare visqueuse, consciente qu’elle était déjà bien assez badigeonnée de sang comme cela. En outre, parce que le repaire des étudiants se situait à moins de deux cents kilomètres du territoire de sa meute, elle devait éviter de laisser derrière elle des traces de pas, autant que des empreintes. Fantôme elle était, fantôme elle resterait…
La louve, elle, exultait. Elle appréciait le spectacle de la couleur carmin qui symbolisait sa vengeance, tout autant que l’odeur métallique qui flattait ses narines. Cassandre grimaça. Pour sa part, elle rêvait d’une longue douche brûlante, même si elle savait déjà que cela ne suffirait pas à annihiler les effluves âcres. Après une exécution, elle gardait le goût de la mort sur sa peau pendant des jours et des jours.